Le 14 novembre 2024, l’All-domain Anomaly Resolution Office (AARO) du Pentagone et l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI) ont publié leur bilan le plus détaillé à ce jour des phénomènes anormaux non identifiés signalés par le personnel militaire et du renseignement américain.
Le rapport annuel consolidé FY2024, dans sa version non classifiée, répertorie 757 signalements de PANs reçus entre le 1er mai 2023 et le 1er juin 2024. Des centaines ont été résolus comme des objets ordinaires – ballons, drones, oiseaux, satellites. Vingt et un cas ont été signalés pour une investigation plus approfondie. Et, une fois encore, le Pentagone a déclaré n’avoir trouvé aucune preuve de quoi que ce soit d’extraterrestre.
Mais ces conclusions de premier plan masquent ce qui pourrait être plus important : le volume considérable de cas non résolus, les lacunes persistantes dans les données, et un fossé croissant entre ce que le gouvernement dit publiquement et ce que les membres du Congrès estiment qu’on leur communique à huis clos.
Les chiffres
Sur les 757 signalements, 485 concernaient des incidents survenus au cours de la période de référence. Les 272 restants étaient des rapports déposés tardivement, datant de 2021 et 2022, qui n’avaient jamais figuré dans les bilans annuels précédents.
La grande majorité – 708 – impliquait des objets dans le domaine aérien. 49 autres se trouvaient dans l’espace.
Au moment de la publication du rapport, l’AARO avait résolu 292 cas par des explications ordinaires :
| Category | Share of Resolved Cases |
|---|---|
| Balloons | 70% |
| Drones / UAS | 16% |
| Birds | 8% |
| Satellites | 4% |
| Aircraft | 2% |
Cela laisse 465 cas non résolus – 444 archivés dans une « archive active » faute de données suffisantes, et 21 signalés pour une analyse complémentaire avec des partenaires de la communauté du renseignement et des scientifiques.
«L'AARO a déterminé que 21 cas méritent une analyse approfondie par ses partenaires de la communauté du renseignement et de la science et technologie.»Voir l'original ▸
"AARO determined 21 cases merit further analysis by its IC and S&T partners."
Ce que les témoins observent
Là où les témoins ont fourni des descriptions, la répartition penchait fortement vers des phénomènes visuels ambigus :
| Shape | Percentage |
|---|---|
| Lights | 65% |
| Orb / sphere / round | 22% |
| Cylinder | 4% |
| Triangle | 3% |
| Disk | 1% |
| Square / polygon | 1% |
| Other | 4% |
170 autres signalements ne comportaient pas suffisamment de détails pour caractériser la forme.
Les données d’altitude montrent que les observations se concentrent autour de 20 000 pieds (17 % des signalements) et 50 000 pieds (14 %) – des plages qui recoupent le trafic de l’aviation commerciale et des ballons à haute altitude.

La géographie suit les capteurs
Le rapport de l’AARO souligne un point souvent ignoré dans les médias : la distribution géographique des signalements de PANs reflète les zones d’opération de l’armée américaine, et non nécessairement les endroits où des phénomènes anormaux se produisent.
81 signalements provenaient de zones d’opération militaire américaine. Les mers d’Asie de l’Est ont produit 100 signalements, dont 40 ont été résolus comme des ballons ou des drones. Le Moyen-Orient a contribué 57 signalements, avec 13 résolus et 42 conservés dans l’archive active.
Le rapport indique que ce biais de collecte est une limitation persistante – les zones sans couverture dense de capteurs peuvent présenter une activité PAN égale ou supérieure qui passe simplement inaperçue.
La conclusion « aucune preuve »
La phrase la plus citée du rapport est désormais familière :
«L'AARO n'a découvert aucune preuve d'êtres, d'activité ou de technologie extraterrestres.»Voir l'original ▸
"AARO has discovered no evidence of extraterrestrial beings, activity, or technology."
Le directeur de l’AARO, Dr. Jon T. Kosloski, a renforcé ce point lors d’une table ronde avec les médias le même jour :
«Aucun des cas résolus par l'AARO n'a mis en évidence des capacités avancées ou des technologies de rupture.»Voir l'original ▸
"None of the cases resolved by AARO have pointed to advanced capabilities or breakthrough technologies."
Le rapport indique également qu’aucun cas résolu ne corrobore des capacités avancées d’un adversaire étranger – un constat à double tranchant. Il signifie qu’aucun élément exotique n’a été confirmé, mais aussi que les 465 cas non résolus restent inexpliqués, pas réfutés.
Sécurité aérienne et sites sensibles
L’AARO a signalé des impacts limités sur la sécurité aérienne dans les données de la FAA, mais a indiqué qu’elle continue d’analyser un incident de quasi-collision signalé. L’office suit également l’activité de drones et d’UAS à proximité d’infrastructures nucléaires et d’autres installations sensibles – une préoccupation qui a fortement augmenté depuis fin 2024, les incursions de drones au-dessus de bases militaires étant devenues un sujet récurrent.
La réaction du Congrès
Le rapport est arrivé pendant une semaine d’intense activité parlementaire sur les PANs.
La veille de la publication du rapport, le Sous-comité de surveillance de la Chambre des représentants avait tenu une audience publique au cours de laquelle des membres ont critiqué les obstacles à la déclassification et soutenu que le Pentagone restreignait l’accès aux données sur les PANs.
La Rép. Nancy Mace (R-SC) n’a pas mâché ses mots :
«Nous n'obtenons pas le tableau complet.»Voir l'original ▸
"We're not getting the full picture."
Cinq jours plus tard, le Sous-comité des menaces émergentes et des capacités du Comité des forces armées du Sénat a tenu sa propre audience avec la direction de l’AARO. La Sénatrice Kirsten Gillibrand (D-NY), l’une des voix les plus engagées du Sénat pour la surveillance des PANs, a interrogé sur les mécanismes de signalement et les implications pour la sécurité nationale des cas non résolus.
La tension est claire : l’AARO affirme n’avoir rien trouvé d’extraordinaire, tandis qu’un groupe bipartisan de parlementaires estime que l’office ne dispose pas de l’accès ni de l’indépendance nécessaires pour trancher de façon crédible. Cette tension n’a fait que s’approfondir depuis – comme l’a rapporté UFOUAP, l’AARO a depuis manqué des délais clés et essuyé des critiques pour des mandats non remplis.
Ce que le rapport ne dit pas
Le rapport FY2024 n’identifie pas quels sont les 21 cas méritant une analyse approfondie, au-delà du fait qu’ils présentaient « des caractéristiques et/ou des comportements anormaux ». Il ne fournit ni récits de cas, ni données de capteurs, ni précisions permettant un examen indépendant.
Il n’aborde pas non plus l’arriéré croissant de plus de 1 600 signalements de PANs au total reçus par l’AARO depuis sa création – un chiffre que Kosloski a confirmé lors de la table ronde avec les médias.
La question n’est pas de savoir si 757 signalements peuvent être déposés en un an. Manifestement, oui. La question est de savoir si l’office chargé de les expliquer dispose des outils, de l’accès et du mandat pour le faire réellement.

Chronologie
| Date | Event |
|---|---|
| Aug 14, 2020 | DoD establishes the UAP Task Force (UAPTF) |
| Jul 20, 2022 | AARO formally established, replacing AOIMSG |
| Aug 31, 2023 | AARO launches public website and secure reporting channel |
| Feb 2024 | AARO completes Historical Record Report Volume I |
| Mar 8, 2024 | Volume I released publicly – finds no evidence of reverse-engineering programs |
| Nov 13, 2024 | House Oversight holds public UAP hearing |
| Nov 14, 2024 | FY2024 AARO Annual Report released (757 cases) |
| Nov 19, 2024 | Senate Armed Services subcommittee hearing with AARO leadership |
Sources : AARO FY2024 Annual Report (PDF) · DoD Press Release · DoD News Story · AARO Media Roundtable Transcript · Stars and Stripes · CBS News · House Oversight Hearing Record (PDF) · AARO Historical Record Report Vol. I (PDF)